Tout dans la vie est une question d'équilibre d'où la nécessité de garder un esprit sain dans un corps sain.

Discipline-Volonté-Persévérance

Everything in life is a matter of balance therefore one needs to keep a healthy mind in a healthy body.

Discipline-Will-Perseverance.

E. do REGO
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Monday, July 7, 2014

Hypertension : protégez-vous contre le tueur silencieux



Lorsque votre médecin vous dit que vous faites de l'hypertension artérielle, cela veut dire qu'il s'est aperçu que vos artères résistent de manière anormalement forte à l'écoulement de votre sang. Cela fait monter la pression sanguine et perturbe l'irrigation des organes. 

Cela pose problème car, déjà, en situation normale, nos artères sont exposées à une pression si énorme qu'elles ne cessent de se fissurer et d'avoir besoin de se réparer. 

Imaginez : si vous vous percez l'avant-bras et faites un petit trou dans votre artère humérale, celle qui apporte du sang oxygéné dans votre bras, le jet qui en sortira pourrait asperger votre plafond ! Il vous faudra alors appuyer de toutes vos forces sur le trou, avec votre doigt, pour arrêter l'hémorragie ! 

Et c'est la même chose dans les artères fémorales qui irriguent vos jambes. Cela dans des conditions de pression artérielle normale. 

Il n'est donc pas étonnant que les artères s'abîment avec le temps. Elles ont beau être faites de plusieurs parois épaisses et musclées, résister à une telle pression n'est pas facile, surtout avec ce cœur qui ne cesse de battre – plus de 100 000 fois par jour ! 


Votre pression artérielle varie tout le temps
Cependant, le jet qui sortira de votre bras, si vous le percez, ne sera pas stable comme celui d'un tuyau d'arrosage. Il montera et il redescendra à chaque fois que votre cœur bat.

Lorsque le cœur se contracte et envoie du sang dans l'organisme, il fait monter la pression dans les artères. Lorsqu'il se détend, la pression retombe. C'est pourquoi votre médecin est obligé de vous donner deux chiffres lorsqu'il mesure votre pression artérielle : le chiffre au moment où le cœur se contracte, et qui est le plus élevé. Et l'autre, au moment où le cœur se détend entre deux pulsations, et qui est le plus bas. 

Pour impressionner la galerie, vous pouvez utiliser les termes médicaux pour ces deux phénomènes : la pression systolique (haute) et la pression diastolique (basse). Vous lirez sur votre rapport d'analyse par exemple 120/80 mmHg, ce qui veut dire une pression systolique de 120 millimètres de mercure, et une pression diastolique de 80 millimètres de mercure (Hg est le symbole chimique du mercure, parce que mercure se dit en latinhydrargyrus, autrement dit argent liquide). 

Mais cette pression diastolique/systolique n'est pas stable non plus. Elle varie au cours de la journée, elle monte quand vous vous énervez, ainsi que quand vous faites un effort physique. Elle peut aussi monter lorsque vous êtes chez votre médecin, qu'il mesure votre pression et que vous stressez parce que vous craignez qu'il vous découvre de l'hypertension ! C'est pourquoi plusieurs mesures à des moments différents seront nécessaires pour confirmer le diagnostic d'hypertension artérielle. 

Celle-ci est considérée « élevée » lorsqu'elle est en permanence au-dessus de 140/90 mmHg, même lorsque vous êtes assis à ne rien faire et que vous vous sentez détendu. 


Les dangers de l'hypertension
Une pression sanguine trop élevée abîme vos artères et les organes qu'elles irriguent, dont le cœur, les reins, le cerveau et les yeux. 

C'est donc un facteur important de maladie coronaire (maladie des artères qui irriguent le cœur), d'accident vasculaire cérébral (AVC), d'insuffisance cardiaque, d'insuffisance rénale et de cécité (devenir aveugle) parce que de petites artères « pètent » dans vos yeux, dans votre cerveau, dans vos reins. 

C'est pourquoi trop de pression dans vos artères met votre vie en danger. 

De plus, l'hypertension peut donner des maux de tête, provoquer des malaises. 

Si vous souffrez d'hypertension, ou si c'est le cas de l'un de vos proches, il est donc important que vous lisiez ce qui suit. 


Traiter l'hypertension artérielle
Quand on craint un accident imminent dû à une tension vraiment trop élevée (plus de 160 mm de mercure), il peut être nécessaire de prendre des médicaments en urgence pour faire baisser la pression, surtout quand votre médecin constate déjà des dommages sur vos organes. 

Il faut alors d'urgence arrêter les dégâts, en attendant que se fassent sentir les effets d'un changement de mode de vie. 

Voici les médicaments que votre médecin a à sa disposition [1] : 


·  Les diurétiques : ce sont des médicaments qui font uriner. En urinant, vous réduisez la quantité d'eau que vous avez dans les veines, et donc votre volume de sang. Cela diminue la pression sanguine. Les diurétiques chassent aussi le sodium de votre corps (qui provient en majeure partie du sel de table), ce qui est une bonne chose car le sodium retient l'eau. Le problème est que les diurétiques éliminent aussi le potassium et le magnésium. Or ces minéraux sont utiles, en particulier le magnésium qui a la vertu de décontracter les muscles des artères, et donc diminuer la pression sanguine. Abuser des diurétiques peut donc avoir exactement l'effet inverse de celui recherché.
·  Les bêtabloquants : ce sont des médicaments qui bloquent l'effet de l'adrénaline, ce qui a aussi un effet relaxant sur les artères. Malheureusement, leurs effets indésirables sont nombreux et peuvent être très graves (œdème aigu du poumon, angine de poitrine, cauchemars). 
·  Les inhibiteurs calciques : ce sont des médicaments qui dilatent les artères et font baisser la pression sanguine. Ils peuvent provoquer des maux de tête, des œdèmes et sont une cause majeure d'intoxication aux médicaments. À utiliser avec la plus grande prudence. 
·  Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) et les sartans : ces médicaments sont mieux tolérés, mais les premiers provoquent une toux pénible, les seconds ont été soupçonnés en 2011 de provoquer le cancer. 
Mais ne vous faites pas d'illusions : 

Se contenter de prendre un médicament contre l'hypertension ne va pas résoudre votre problème médical sous-jacent. Il risque au contraire de l'aggraver, car les médicaments contre l'hypertension agissent en perturbant votre métabolisme. 

Si vous prenez des médicaments contre l'hypertension, vous ne pouvez pas les arrêter d'un coup. Il faut donc vous concerter avec votre médecin. 

Dans de rares cas, l'hypertension est provoquée par une maladie, ou un mauvais fonctionnement des glandes qui gèrent votre pression sanguine. Il faut alors identifier et traiter la cause. 

Mais, sauf exceptions, l'hypertension n'est pas la conséquence d'une maladie précise. Elle est provoquée par des problèmes de mode de vie et en particulier l'alimentation. Cela veut alors dire qu'elle peut aussi être corrigée par des changements de mode de vie et d'alimentation. 


Ne vous trompez pas de cible
En général, une personne souffrant d'hypertension va chercher à faire baisser sa pression sanguine. Cela paraît logique, simple. 

Mais attention : au-delà des symptômes (qui n’existent que pour des chiffres très élevés en général et qu’il faut soulager), le problème n’est pas le chiffre de tension lui-même. Qui pourrait penser qu’on est malade avec 140 et qu’on ne l’est plus avec 130 ? C’est stupide évidemment ! Le problème est le mode de vie qui induit des chiffres supposés trop élevés.

N'oubliez jamais que votre but n'est pas de faire baisser telle ou telle mesure, mais de réduire effectivement votre risque de maladie, complication, décès. 

La question à vous poser n'est donc pas : « Est-ce que ce que je suis en train de faire va faire baisser ma pression sanguine ? » 

Mais plutôt : 


« Est-ce que ce que je suis en train de faire va réduire mon risque de complication ? » 
Vous me direz que cela revient au même. 

Eh bien non, pas toujours ! 

Par exemple, réduire votre consommation de sel n'a pas d'effet spectaculaire contre l'hypertension. La consommation excessive de sodium (sel de table) entraîne au bout de 10 ans des changements fonctionnels des reins qui ne le filtrent plus aussi bien. Le sodium reste dans votre corps et l'hypertension s'installe. Mais c'est un processus très long et vous ne le supprimerez pas du jour au lendemain en arrêtant de manger du sel. D'ailleurs, les chercheurs ont constaté qu'une très forte augmentation de la consommation de sel entraîne une légère hausse de la pression sanguine, sans plus. 

Et pourtant, ne soyez pas déçu, on sait que baisser la consommation de sel réduira effectivement votre risque cardiaque [2]. 

De même, si vous fumez, arrêter le tabac ne fera pas chuter votre pression sanguine. Et pourtant, arrêter de fumer diminuera énormément votre risque d'accident cardiaque, en plus bien sûr de diminuer votre risque de cancer et de bien d'autres maladies. 
(la suite ci-dessous) 

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3 sur 5 !
Vous avez au moins 3 chances sur 5 de mourir d’une « maladie du mode de vie » liée à l’alimentation, au manque d’activité ou au tabagisme. C’est le constat alarmant d’une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Mais vous avez aussi 80% de chances d’éviter ces maladies voire de les guérir en adoptant certains réflexes simples et peut-être inconnus de votre médecin. Découvrez-les sans attendre dans cette vidéo.

Suite de la lettre de ce jour : 

Même chose pour l'alcool : sans avoir aucun effet spectaculaire sur votre hypertension, votre risque cardiaque diminuera en consommant de l'alcool de façon modérée (1 à 2 verres de vin par jour). 

Je vais vous parler du régime alimentaire qui diminue le risque cardiaque et l'hypertension. Mais d'abord, il faut faire de l'exercice physique. 


L'exercice physique : mieux qu’un médicament 
L'exercice physique est mieux qu'un « médicament » contre l'hypertension [3]. 

Il est plus efficace, et jamais toxique ! 

Si vous ne faites absolument aucun exercice aujourd'hui, commencez par des efforts modérés comme la marche à pied. Si vous êtes handicapé, les méthodes alternatives, yoga et exercices respiratoires par exemple, peuvent avoir des effets très significatifs. 

Choisissez une activité physique adaptée à votre climat et à vos goûts, peu dispendieuse, et pouvant être pratiquée toute l'année : piscine, gymnase, piste cyclable, stade, bords de rivière, plage, vélo randonnée pédestre… 

Le minimum est de vous exercer 30 minutes par jour, et en faire suffisamment pour arriver à transpirer un peu. 

Veillez à ne surtout pas blesser vos muscles ou vos tendons, ce qui compromettrait toute activité physique future. Faites-vous éventuellement accompagner par un kiné ou un professionnel de la réadaptation si, au moindre effort, votre pression artérielle s'envole et vous provoque des palpitations angoissantes. 

Par contre, il est important de faire un petit mieux, un petit peu plus long, un petit peu plus vite tous les jours. Le but est de faire des progrès physiques, pas seulement de bouger pour bouger. 

Inscrivez-vous dans une salle de musculation : les exercices de force font baisser la tension mais ont aussi l'avantage : 


·  d'augmenter (évidemment) la masse musculaire, qui est source de protéines indispensables pour le système immunitaire, ce qui augmentera votre résistance aux infections et au cancer ;
·  d'améliorer la résistance du cœur, qui réduit votre risque de mourir ou d'avoir de graves séquelles si vous faites un infarctus ;
·  d'exercer un effet bénéfique sur votre endothélium, les cellules qui tapissent l'intérieur des artères et permettent au sang d'y couler sans s'accrocher. C'est un facteur essentiel pour éviter l'athérosclérose ;
·  et cela réduit bien sûr le risque de diabète, de surpoids et d'obésité.
Le régime alimentaire contre l'hypertension
Pour réduire l'hypertension, le régime le plus couramment conseillé aux USA est le régime DASH (« Dietary Approaches to Stop Hypertension », ce qui veut dire « approche diététique pour arrêter l'hypertension »), qui a fait les preuves de son efficacité [4]. 

Il est pourtant totalement inconnu des Français et de la majorité des médecins européens. 

Il s'agit d'un régime : 


·  riche en légumes, fruits, produits sans graisse et produits laitiers à faible teneur en matière grasse ;
·  incluant des céréales complètes, du poisson, de la volaille, des légumineuses, graines, noix, huiles végétales ;
·  pauvre en sodium (moins de 2,3 g par jour), pauvre en sucre, sans boissons sucrées ni viande rouge.
En termes nutritionnels, le régime DASH est donc : 


·  pauvre en acides gras saturés et trans ;
·  riche en potassium, magnésium, fibres et protéines.
Je pense toutefois que des résultats supérieurs peuvent être obtenus avec une diète méditerranéenne, dont nous avons parlé dans notre dernière lettre. 

En revanche, il est vrai qu'il est très souhaitable d'augmenter fortement votre consommation des autres sels minéraux : calcium, magnésium et surtout potassium. Sans prendre nécessairement des compléments alimentaires. C'est, une nouvelle fois, en mangeant beaucoup de légumes frais que vous apporterez ces nutriments à votre corps sous une forme hautement assimilable. 

Enfin, il est très important d'optimiser votre niveau de vitamine D : plus vous êtes éloigné de l'équateur, plus vous risquez d'avoir de l'hypertension [5]. 

Pour deux raisons principales : 


·  Le soleil augmente votre production d’oxyde nitrique (NO) qui a un effet vasodilatateur (dilate les vaisseaux sanguins), faisant baisser la tension ;
·  les rayons du soleil sont nécessaires à la synthèse de la vitamine D, qui contribue à réguler la concentration en minéraux dans le sang et donc à normaliser la pression sanguine [6]. 
Si vous ne prenez pas assez le soleil, la prise d'un complément alimentaire de vitamine D est recommandée. 


Autres compléments alimentaires et autres alternatives
Bien que certains compléments alimentaires puissent aider, il est important de comprendre qu'ils ne doivent jamais être utilisés pour remplacer un mode de vie sain, qui permet de traiter les vraies causes de l'hypertension. 

D'ailleurs, se contenter d'avaler des compléments alimentaires sans rien changer à son mode de vie s'apparente à l'attitude passive du malade qui avale ses médicaments sur ordonnance. C'est une attitude illusoire que nous dénonçons, car elle est inefficace dans la plupart des cas. Par contre, elle arrange fortement l'industrie pharmaceutique et simplifie beaucoup le travail des médecins. 

Ce n'est donc qu'une fois que vous avez adapté votre mode de vie que vous pouvez utiliser les compléments alimentaires pour améliorer encore votre santé : 

Voici plusieurs pistes intéressantes. 

Normaliser votre ratio d'acides gras oméga-6/oméga-3. Dans la nature, il était prévu que, pour chaque oméga-3 que nous mangeons, il faudrait manger 1 à 3 oméga-6. Or, les oméga-3 se trouvent dans l'huile de lin, l'huile de noix, l'huile de colza, le poisson, des produits qui se font de plus en plus rares dans l'alimentation moderne. Et les oméga-6 se trouvent dans l'huile de maïs, de tournesol, de pépin de raisin et de germe de blé, des produits de plus en plus courants parce que bon marché.

Le résultat est que la plupart des personnes ne mangent pratiquement jamais d'oméga-3, mais consomment à chaque repas des oméga-6. Leur ratio oméga-6/oméga-3 est donc de 25/1 ou 40/1 ! C'est catastrophique pour votre sang, vos artères, vos cellules. Si c'est votre cas, il faut de toute urgence changer cela. 


·  Le magnésium : un complément quotidien de magnésium peut être utile pour diminuer votre pression sanguine, surtout si celle-ci est très élevée ;
·  Vitamines C et E : normalement, une alimentation riche en fruits et légumes frais, en huiles de bonne qualité, en noix et en poissons gras vous apporte les doses nécessaires de ces vitamines, importantes dans le métabolisme de la pression sanguine. Si vous pensez avoir besoin de les prendre sous forme de compléments alimentaires, veillez à choisir une vitamine E naturelle, malheureusement beaucoup plus chère que la synthétique. Dans la liste des composants, la vitamine E se reconnaît à sa forme « d ». Vous verrez qu'il est écrit d-alpha tocophérol, d-beta tocophérol, etc. quand elle est naturelle, et dl-alpha tocophérol quand elle est synthétique ; 
·  Extrait de feuille d'olivier : une étude réalisée en 2008 a indiqué qu'un complément alimentaire de 1 000 mg d'extrait de feuille d'olivier quotidiennement pendant 8 semaines provoque une forte baisse de la tension sanguine. Vous pouvez aussi acheter de simples feuilles d'olivier en herboristerie et les ajouter à votre tisane : faites infuser une cuillère à café pendant 10 minutes.
À noter que les bébés qui ont été nourris au sein pendant 12 mois ou plus ont un risque beaucoup plus faible d'hypertension à l'âge adulte. L'effet protecteur pourrait venir des acides gras polyinsaturés qui se trouvent dans le lait maternel. (la suite ci-dessous) 

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L'Université d'Été des Biosciences
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Trois jours de contacts directs exceptionnels. 



Suite de la lettre de ce jour : 


Important pour tenir vos bonnes résolutions

Tous ces changements peuvent paraître lourds et, bien souvent, on ne se sentira pas la force de les entreprendre. D'où le succès des médicaments contre l'hypertension. Les médecins savent qu'ils ont une efficacité limitée et des dangers à long terme ; les patients se rendent compte qu'ils ont des effets indésirables ; les chercheurs s'aperçoivent que les changements de mode de vie sont plus efficaces. 

Mais c'est tellement plus facile d'avaler des pilules. Surtout remboursées par la Sécu. Et quand on a déjà d'innombrables problèmes dans la vie, frustrations professionnelles, conflit conjugal, déprime, on ne se sent pas capable de faire plus. 

C'est pourquoi l'important avant tout, pour tenir dans la durée, est de commencer par faire un travail sur soi, qui peut être douloureux, pour redéfinir ses priorités et répondre à la grande question : quel est mon but dans la vie ? 

Il n'y a qu'à partir du moment où vous avez une réponse à cette question fondamentale que vous trouverez l'énergie et la motivation d'entreprendre les changements nécessaires. Vous pourrez vous fixer un but clair, motivant, et vous trouverez en vous les ressources pour adapter votre mode de vie et votre alimentation, qui vous débarrasseront de votre hypertension et vous permettront de retrouver une vie épanouissante. 

C'est la raison pour laquelle nous essayons, dans cette lettre électronique, de panacher les articles « recettes » qui vous donnent des « trucs » de santé naturelle utiles avec des articles plus fondamentaux touchant au sens de la vie. Cette deuxième catégorie d'articles n'est pas forcément la plus facile à lire, et ce n'est pas celle qui a la plus grande utilité pratique. 

Mais c'est elle qui, sur le long terme, fera la plus grande différence, car c'est là que chacun peut puiser des forces pour se donner de bonnes raisons de tenir ses bonnes résolutions. 

À votre santé ! 

Jean-Marc Dupuis 

Thursday, April 4, 2013

Faut-il arrêter la guerre du sel ?



Le gouvernement français investit chaque année des millions dans le Plan National Nutrition Santé (PNNS) pour, notamment, nous convaincre de manger « moins salé ».

De 10 millions d'euros par an entre 2001 et 2005, le budget attribués aux fonctionnaires du PNNS est passé à 210 millions d'euros pour la période 2011-2015, si on inclut les dépenses du « Plan Obésité » décidé par Nicolas Sarkozy, qui est venu s'ajouter au PNNS. 

Mais il y a un problème. 

Il se pourrait bien que ces campagnes, par leur simplisme, ne servent en rien la santé publique. Car l'idée que le sel est mauvais en soi et donne des maladies cardiovasculaires n'est toujours pas confirmée par la science.

Un dogme bien fragile

Le sel dangereux pour la santé est un des dogmes les plus bétonnés de la médecine occidentale.

Pourtant, il repose sur des preuves étonnamment fragiles :

En 1904, des médecins français constatèrent que six de leurs patients souffrant d'hypertension étaient de gros consommateurs de sel. L'inquiétude gagna dans les années 70 lorsqu'un chercheur américain, Lewis Dahl, du Brookhaven National Laboratory, déclara avoir établi la preuve « sans équivoque » d'un lien entre le sel et l'hypertension. Il était parvenu, en effet, à provoquer de l'hypertension chez des rats en leur faisant manger l'équivalent humain d'un demi-kilo de sodium par jour (en moyenne, la consommation de sodium des Français est de 3,4 grammes par jour, soit 8,5 grammes de sel).

Mais une récente méta-analyse de la revue Cochrane impliquant un total de 6250 personnes n'a trouvé aucune preuve solide que réduire la consommation de sel diminue le risque d'infarctus, d'accident vasculaire cérébral (AVC) ou de décès. (1)

Une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association en 2011 a trouvé qu'une faible consommation de sel pouvait en fait augmenter votre risque de décès par cause cardiovasculaire. (2)

Et ce n'est pas nouveau. Déjà en 1988, une très grande étude, baptisée Intersalt, avait comparé la pression sanguine chez des personnes de 52 centres de recherches médicales dans le monde entier avec leur consommation de sel. Malgré la masse des données accumulées, les conclusions des chercheurs n'avaient pas été claires, et avaient donné lieu à plus de dix ans de controverses. (3)

En fait, la population qui consommait le plus de sel, soit environ 14 grammes par jour, avait même une pression sanguine médiane plus basse que la population qui en consommait le moins, soit environ 7,2 grammes par jour.

Les études qui ont cherché à établir une relation directe entre le sel et les maladies cardiaques n'ont pas obtenu de résultats plus probants. Chaque fois qu'une étude semble indiquer que le sel est mauvais pour la santé, une autre suggère le contraire.

En 2006, une étude publiée dans l'American Journal of Medicine, et qui comparait la consommation quotidienne déclarée de sodium de 78 millions d'Américains à leur risque de mourir de maladie cardiaque, a même conclu à une mortalité accrue des personnes souffrant de maladies cardiovasculaire et suivant un régime pauvre en sodium ! (4)

Les autorités françaises peu impressionnées

Mais ce type d'information n'était pas de nature à impressionner les technocrates du ministère de la Santé. Murés dans leurs certitudes médicales datant des années 70, et sans se soucier du véritable problème (qui est le déséquilibre sodium/potassium, comme je l'explique plus bas) ils ont continué à appliquer à la lettre leur projet de réduction à marche forcée de la consommation de sel de leurs concitoyens, à coup de slogans répétés à l'infini sur les chaînes de radio et de télévision, aux frais des annonceurs et donc, in fine, du consommateur, mais aussi par des mesures autoritaires vis-à-vis des producteurs.

Le PNNS a en effet décidé en 2002 que vous et moi allions devoir baisser notre consommation de sel de 20 % sur cinq ans. Pourquoi 20 % plutôt que 10 ou que 50 ? Mystère. Toujours est-il que, croyez le ou non, nous n'avons pas atteint cet objectif ! 

La baisse des apports en sel n'a été que de 4 à 10 % ! 

Le ministère de la Santé a alors décidé de convoquer les industriels mi-décembre pour les menacer de mesures contraignantes, sanctionnées par des amendes. Des sanctions soutenues par l'UFC-Que Choisir, dont Olivier Andrault, chargé de mission alimentation et nutrition, considère qu'il n'y a qu'une solution : « Les engagements volontaires, cela ne marche pas. Les pouvoirs publics doivent prendre les choses en main en donnant des objectifs clairs, chiffrés et précis de réduction des taux de sel pour les filières les plus concernées. »

Pourquoi tant de haine ?

Le sel est essentiel à la vie – vous ne pouvez pas vivre sans. Le sel a toujours été important à la vie humaine. Même le mot « salaire » vient de la racine latine « sal », qui signifie sel, parce que les Romains étaient parfois payés en sel. En Pologne, encore aujourd'hui, les pèlerins sont accueillis dans les villages avec de l'eau et du sel, les deux ingrédients les plus indispensables à la vie. 

Et de fait, le sel naturel non transformé est important pour de nombreux processus biologiques, dont : 

  • entrer dans la composition du plasma sanguin (le liquide dans lequel baignent les globules), la lymphe, le liquide amniotique ;
  • transporter les nutriments dans et hors de vos cellules ;
  • maintenir et réguler la pression sanguine ;
  • augmenter le nombre des cellules gliales dans le cerveau, qui permettent la pensée créative et la planification à long terme ;
  • aider le cerveau à communiquer avec vos muscles, afin que vous puissiez bouger à volonté, via des échanges d'ion entre sodium et potassium.
Comme pour tous les aliments, quels qu'ils soient, il ne faut évidemment pas se bourrer de sel. 

De plus, pour les personnes souffrant déjà d'hypertension, et s'astreignant à un régime à index glycémique faible pour faire baisser la pression sanguine, des études ont montré que diminuer aussi leur consommation de sel améliorait l'effet de leur régime. (5) 

Mais pour les personnes en bonne santé, le problème n'est pas tant au niveau du sel (chlorure de sodium) qu'au niveau du potassium, qu'il faut normalement consommer en quantité supérieure, ce qui n'est plus souvent le cas dans le régime moderne.

Pouvez-vous manquer de sodium ?

Oui, bien sûr. 

Peu de personnes en sont conscientes mais votre risque de problèmes de santé augmente de façon significative si vous manquez de sodium, une maladie appelée « hyponatrémie ». Cette maladie n'est toutefois pas provoquée par un manque alimentaire de sodium, sauf cas extrême (camps de concentration), mais par la prise de médicaments, l'absorption excessive d'eau, la déshydratation, l'activité physiques intensive et certaines maladies, dont celles qui affectent le fonctionnement de votre foie, de vos reins, et de votre glande thyroïde. 

Le sodium est un électrolyte responsable de nombreux processus physiologiques critiques, comme la régulation de la quantité d'eau qui se trouve dans et autour de vos cellules. Donc, si votre sang devient trop pauvre en sodium, vos niveaux de liquides corporels augmente et vos cellules commencent à gonfler. Ce gonflement peut causer de nombreux problèmes de santé, parfois graves. 

Au pire, l'hyponatrémie peut être mortelle, provoquant un gonflement du cerveau, le coma et la mort. Les femmes en période de pré-ménopause semblent avoir le plus de risque d'atteinte au cerveau liée à l'hyponatrémie, du fait de la façon dont les hormones féminines affectent la régulation du sodium. Mais une hyponatrémie modérée ou faible peut avoir des effets plus discrets que votre praticien peut ne pas relier à un problème d'électrolyte. L'hyponatrémie peut provoquer les signes et symptômes suivants : 

  • nausée, vomissement et changements d'appétit ;
  • perte d'énergie ;
  • faiblesse musculaire, spasmes ou crampes ;
  • mal de crâne ;
  • fatigue ;
  • confusion ;
  • incontinence urinaire ;
  • hallucinations ;
  • nervosité, irritabilité et changements d'humeur ;
  • évanouissement, coma.
Les changements d'humeur et d'appétit sont parmi les premier signes de manque de sodium, mais cette cause est souvent ignorée. Et pourtant, pour éviter les maladies cardiaques, l'avis que vous recevrez sera probablement le suivant : « buvez beaucoup d'eau, faites beaucoup de sport, et réduisez votre consommation de sel ». C'est une recette pour conduire votre niveau d'électrolytes à la catastrophe. Et il existe des preuves qu'un niveau faible de sodium peut nuire à votre santé d'autres façons encore :

  • une étude de 2009 sur les fractures importantes chez les personnes âgées a constaté que l'incidence de l'hyponatrémie chez les patients souffrant de fractures était DEUX FOIS PLUS ELEVÉE que chez les patients sans fractures. Les chercheurs ont supposé que la cause de la déficience en sodium était liée à l'usage d'inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), une sorte de médicament antidépresseur ; (6)
  • une étude de1995 réalisée par l'American Medical Association, publiée dans la revue scientifique Hypertension, a constaté qu'un faible niveau de sodium urinaire était associé à un risque plus élevé d'infarctus (7)

L'importance de l'équilibre sodium/potassium

Bien que le sel naturel non raffiné soit essentiel à la vie, cela ne veut pas dire que vous devriez l'absorber impunément. Un facteur déterminant à surveiller est le rapport sodium/potassium dans votre régime alimentaire. Un déséquilibre de ce ratio peut non seulement causer de l'hypertension (pression sanguine trop forte), mais également contribuer à de nombreuses autres maladies, dont : 

  • infarctus et AVC
  • problèmes de mémoire
  • ostéoporose
  • cataracte
  • coliques néphrétiques (cailloux dans les reins)
  • ulcères et cancer de l'estomac
  • arthrite rhumatoïde
  • impuissance sexuelle
Le moyen le plus simple de créer un déséquilibre est de consommer des aliments notoirement pauvres en potassium et riches en sodium... Selon un article publié en 1985 dans la revue scientifique The New England Journal of Medicine, et intitulé "Paleolithic Nutrition", nos ancêtres chasseurs-cueilleurs consommaient 11 g de potassium par jour et 0,7 g de sodium. Cette proportion s'est aujourd'hui inversée, le régime moderne actuel apportant plutôt 2,5 g de potassium par jour et 4 g de sodium. Si vous mangez beaucoup de plats préparés, qui contiennent presque toujours beaucoup de sodium mais rarement du potassium, vous avez pratiquement la garantie d'avoir un ratio potassium/sodium inversé.

Cela pourrait aussi expliquer pourquoi la forte consommation de sel de table semble affecter certaines personnes mais pas d'autres. Selon une récente étude sur la consommation de sodium et de potassium, les personnes consommant à la fois beaucoup de sodium et peu de potassium avaient deux fois plus de risque de mourir d'un accident cardiaque que les autres. Cette étude, publiée dans lesArchives of Internal Medicine en juillet 2011, fut une des plus grandes réalisées sur le sujet. (8)

Alors, comment vous assurer d'avoir ces deux nutriments dans une meilleure proportion ?

Abandonnez les plats préparés et la nourriture transformée industriellement, au profit d'aliments frais, entiers, et si possible cultivés biologiquement pour assurer une bonne densité en minéraux. Ce type de régime vous apporte naturellement de plus fortes doses de potassium que de sodium.

Environ 80 % des apports de sel (sodium) de la population française viennent aujourd'hui des plats préparés et de la nourriture industrielle : pain, lasagnes, pizzas surgelées, plats préparés, conserves mais aussi biscuits et céréales du petit-déjeuner. Et même si UFC-Que Choisir parvient à leur imposer de nouvelles normes et des amendes, mon avis est que ces aliments doivent être évités de toutes façons.

Et cela vaut aussi pour la restauration rapide, dont on a appris aujourd'hui qu'elle avait dépassé, en chiffre d'affaires, la restauration traditionnelle. Les Français consacrent moins de temps que jamais à faire la cuisine et, malgré la crise, multiplient les repas à l'extérieur de la maison (snacks, sandwicheries, pizzerias, kebabs, fast-foods américains...) en dépit du budget que cela représente, de la qualité en général déplorable des ingrédients utilisés, et surtout de l'absence totale de contrôle de ce que vous vous mettez réellement dans la bouche.

Qui peut prétendre savoir précisément de quoi est faite la « viande » du kebab et la sauce « blanche ou piquante » dont on l'asperge ? Comment les viandes des restaurants asiatiques sont-elles produites, d'où proviennent-elles au juste, et même question pour le liquide gluant où elles baignent en général ? Dans les selfs, qui est en cuisine, et d'où viennent ces bidons dont on se sert pour les viandes « en sauce » ?

Revenir à une alimentation raisonnée, basée sur des produits identifiables, frais, et si possible bios, est le moyen le plus efficace de retrouver la santé, de consommer moins de sodium, et plus de potassium.

Pourquoi vous avez besoin de potassium...

Votre corps a besoin de potassium pour réguler la pression sanguine. Il affecte votre masse osseuse, votre système nerveux, vos muscles, vos glandes adrénales (qui fabriquent des hormones), votre cœur et vos reins. Il est en général attaché à un anion basifiant, et permet ainsi de maintenir le bon pH (la bonne acidité) de vos fluides : sang, lymphe, liquide amniotique...

Une carence en potassium peut mener à un déséquilibre des électrolytes et peut provoquer une maladie appelée hypokaliémie, qui se caractérise par :

  • la rétention d'eau
  • une plus forte pression sanguine (hypertension)
  • de l'arythmie cardiaque (le cœur bat de façon irrégulière)
  • de la faiblesse musculaire et des crampes
  • une soif continuelle
  • de la constipation

Aliments riches en potassium

Sauf prescription par un professionnel de santé, je ne recommande pas la prise de compléments alimentaires de potassium pour corriger un déséquilibre. On l'utilise parfois pour la peine de mort aux USA parce qu'une ingestion brutale de potassium peut provoquer la mort instantanément par arrêt cardiaque.

Il est donc préférable de modifier votre régime alimentaire et d'y incorporer plus d'aliments riches en potassium.

Tous les fruits et légumes sont de bonnes sources de potassium, mais certains sont évidemment encore meilleurs que les autres : la palme d'or revient à la levure sèche, qui en contient 2000mg/100g. Viennent ensuite :

  • les pommes de terre au four, cuites avec leur peau ; à consommer avec modération du fait de leur forte teneur en amidon, qui augmente la résistance à l'insuline et à la leptine ;
  • les haricots blancs, qui sont très riches aussi avec 1061 mg pour une tasse de 250 mL.
  • les tomates en contiennent aussi beaucoup.
  • les courges ;
  • les épinards bouillis
  • les fruits secs comme les figues sont aussi très intéressants.
Vous en trouvez aussi dans les fruits et légumes suivants :

- fruits : papaye, prunes, cantaloupe, bananes (attention aux bananes, qui sont très riches en sucre et ont moitié moins de potassium que les légumes verts. C'est un mythe que la banane soit particulièrement riche en potassium)

- légumes : brocolis, choux de Bruxelles, patates douces, avocats, asperges et potiron.

Type de sel à choisir

Vous pouvez vous procurer du sel de table à base de chlorure de potassium, et de vous en servir pour saler vos plats. Son seul « problème » est qu'il possède un léger arrière-goût amer, mais la plupart des gens ne s'en aperçoivent pas... si on ne les prévient pas.

Attention cependant : il peut exister des contre-indications au potassium. C'est notamment le cas si vous avez du mal à éliminer les excès de minéraux, ou si vous prenez des médicaments qui augmentent le taux de potassium dans le sang. Cela inclut les personnes diabétiques, celles qui ont des maladies des reins, des blocages des voies urinaires, et celles qui prennent des inhibiteurs ACE.

Mais si vous n'êtes pas dans cette situation, votre médecin n'aura sans doute pas d'objection à ce que vous consommiez du sel à base de chlorure de potassium, plutôt que de chlorure de sodium.

Ma newsletter du jour est terminée mais je continue ci-dessous pour les lecteurs qui seraient particulièrement intéressés par le débat sur le sel, et qui douteraient de mes affirmations sur le fait que les bienfaits pour le cœur d'un régime pauvre en sel ne sont pas nets.

Une étude établit un lien entre sel et hypertension

Pour être juste, je dois mentionner la grande étude DASH sur le sodium, qui a été menée en 1997 pour déterminer si oui ou non un régime pauvre en sel diminuait l'hypertension. Il s'agissait de faire suivre à des patients le « régime DASH », qui consistait à manger beaucoup de légumes et de fruits frais, des protéines maigres, des céréales complètes, des produits laitiers allégés, et très peu de sel.

Les personnes soumises au régime DASH ont donc bel et bien connu une réduction de leur pression sanguine. Et les résultats ont été meilleurs dans le régime DASH pauvre en sel que dans le même régime riche en sel. (9) Mais l'effet principal du régime semble plutôt tenir au fait que ce régime soit à faible index glycémique. En effet, comme vous le constatez, ce régime est également très faible en sucre et en fructose. 

Mais en ce qui concerne la population en général, ne souffrant pas de problème d'hypertension, il semble hâtif de vouloir imposer des réductions importantes de la consommation de sel. Selon le journaliste scientifique Gary Taubes :

« Tandis que le gouvernement dénonce depuis des dizaines d'années les dangers du sel, aucune recherche scientifique n'est parvenue à faire taire les soupçons que ce danger n'existe pas. Et de fait, la controverse sur les bienfaits, s'ils existent, de diminuer la consommation de sel constitue une des disputes les plus anciennes, les plus agressives, et les plus surréalistes de toute la médecine...

Les données en faveur d'une réduction généralisée de la consommation de sel n'ont jamais été probantes, et il n'a jamais été démontré qu'un tel programme n'aurait pas des effets négatifs imprévus... Après des décennies de recherche intensive, les bienfaits apparents d'éviter le sel n'ont fait que diminuer. Cela suggère soit que les vrais bienfaits étaient limités, soit qu'ils sont inexistants, et les chercheurs qui croyaient avoir détecté de tels bienfaits ont été trompés par l'influence d'autres variables. » (10) 

En 2011, une des plus prestigieuses revues médicales mondiales, le Journal of the American Medical Association (JAMA) a publié des résultats tout à fait stupéfiants : 

3681 sujets européens d'âge moyen et en bonne santé ont été suivis pendant huit ans. Les participants ont été divisés en trois groupes : régime pauvre, modéré, ou riche en sel.

Les chercheurs ont suivi les taux de décès pour les trois groupes, et ont publié les résultats suivants :

  • groupe consommant un régime pauvre en sel : 50 décès
  • groupe consommant un régime modéré en sel : 24 décès
  • groupe consommant un régime riche en sel : 10 décès.
En fait, le risque de maladie cardiaque s'est révélé 56 % plus haut chez les personnes consommant peu de sel que chez les personnes consommant beaucoup de sel. Ainsi, la seule conclusion raisonnable que les chercheurs aient pu faire était : « moins vous consommez de sel, plus vous êtes susceptible de mourir de maladie cardiaque. » (11)

Ce qui aurait du semer la panique au ministère de la Santé, et particulièrement dans les bureaux du Plan National Nutrition Santé. Mais aux dernières nouvelles, la vie continue là-bas comme si de rien n'était.

A votre santé ! 

Jean-Marc Dupuis 

Thursday, January 3, 2013

Le potage contre l'hypertension




Selon une nouvelle étude publiée par des chercheurs de l'Université de Barcelone, consommer régulièrement du gaspacho réduit de 27 % le risque d'hypertension artérielle. (1)

L'effet bénéfique du gaspacho est dû aux vertus de la tomate, du concombre, de l'ail et de l'huile d'olive, qui entrent dans sa composition et qui tous, individuellement, ont des vertus protectrices pour le cœur et les artères.

L'hypertension se caractérise par une pression anormalement forte du sang sur la paroi des artères. En situation de stress ou durant un effort physique, il est normal que la tension artérielle s’élève. Mais chez les personnes hypertendues, la tension reste élevée en permanence, même au repos ou en l’absence de stress.

A la longue, les artères souffrent, ce qui augmente le risque d'infarctus, d'accident vasculaire cérébral (AVC), d'insuffisance cardiaque (épuisement du cœur), de problèmes aux reins et aux yeux, car les petits vaisseaux sanguins qui les irriguent risquent d'éclater.

Gaspacho délicieux en moins de 15 minutes

Le gaspacho tout prêt Alvalle est vraiment excellent et se vend dans tous les supermarchés, au prix d'environ 3,90 euros le litre. (Je précise que je ne possède pas d'action de la société Alvalle, ni d'ailleurs d'aucune autre société.)

Il contient tomates, poivron, concombre, oignon, huile d'olive vierge extra, vinaigre de vin, sel, ail et jus de citron, et n'a pas de colorant ni conservateur ajouté.

Les légumes étant achetés en gros en Espagne et cuisinés immédiatement par le producteur, vous bénéficiez de l'effet de masse. Il vous sera presque aussi cher de cuisiner votre propre gaspacho, surtout en cette saison où les tomates ont le goût du navet et le prix des cerises.

Toutefois, pour être conservé, ce gaspacho est malheureusement pasteurisé (passé à haute température). Cela détruit en partie sa teneur en vitamines.

Alors voici une recette rapide, facile et bon marché à faire chez vous.

Pour quatre personnes, prenez :

- 6 tomates mures
- 1 concombre
- 1/2 poivron rouge
- 1/2 poivron vert
- 2 petits oignons
- 1 gousse d'ail
- 2 jus de citrons (ou plus, selon les goûts)
- 6 cuillères à soupe de vinaigre
- 1/2 verre d'huile d'olive
- basilic
- piment en poudre
- poivre et sel
- un verre d'eau

Préparation de la recette :
Réduisez l'ail et l'oignon en purée.

Lavez tous les autres légumes, épluchez le concombre, épépinez les poivrons, puis coupez les en morceaux.

Mixez les légumes avec la purée d'ail et d'oignon, puis ajoutez l'huile, le vinaigre, le jus de citron, le basilic, le sel, le poivre et le piment. Si la mixture reste trop épaisse, ajoutez de l'eau.

Bien mélanger et mettre au frigo deux heures.

Une recette idéale à faire avec les enfants : comme vous le voyez, il est a peu près impossible de rater un gaspacho...

Un peu de vocabulaire

Vous avez peut-être noté que j'ai intitulé cette lettre « Le potage contre l'hypertension », et non la soupe contre l'hypertension.

Le potage est une préparation de légumes et éventuellement de viande bouillis dans de l'eau, et qu'on mange avec l'eau de cuisson, mixée ou non.

Si vous décidez de sortir tous les morceaux et de ne garder que le jus, ce n'est plus du potage, mais du bouillon.

Votre potage ou votre bouillon deviennent une soupe lorsque vous les versez sur une tranche de pain. C'est le plat traditionnel des paysans français, qui n'est quasiment plus consommé aujourd'hui. Au Moyen-Âge, le mot soupe ne signifiait d'ailleurs pas la préparation liquide, mais la grosse tranche de pain elle-même, qui servait d'assiette et sur laquelle on versait la nourriture.

Les gastronomes dégraissent, filtrent leur bouillon, puis dégustent chaud ou glacé le précieux liquide ainsi obtenu : on parle alors d'un consommé, et il est souvent garni de morilles, d'asperges, de truffes ou aromatisé avec des vins madérisés.

Si, juste avant de le servir, vous liez votre potage avec de la crème fraîche, et que vous moulinez le tout pour obtenir une texture parfaitement onctueuse, il s'agit alors d'une crème. 

Ajoutez à cette crème un jaune d'œufs, pour mieux la lier que la crème fraîche, et vous dégusterez un velouté.

Il existe enfin une sorte particulière de velouté : lorsque l'ingrédient principal est un crustacé, on parle d'une bisque.

Avec ça, vous ne risquez plus de confondre potage Dubarry, crème Dubarry et velouté Dubarry...

A votre santé !

Jean-Marc Dupuis